Le Vin des autres, par Alain Leygnier

Vins biodynamiques, vins natures.

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Deux ouvrages complémentaires. La quatrième édition du « Guide des vins en biodynamie », par Evelyne Malic ; « Vins natures, de l’utopie à la réalité », par  Nicolas Guichard. L’un militant, l’autre décapant.

« Guide des vins en biodynamie » : il faut y croire pour les boire.

Dans la quatrième édition de ce guide, Evelyne Malnic présente 122 domaines biodynamistes, sur  430 certifiés, plus de 400 vins évalués par une équipe de 18 dégustateurs, œnophiles, vignerons sommeliers, commerçants. Une sélection rigoureuse, assortie de fiches techniques précises, d’accords mets/vins, de conseils de dégustation. Le tout est précédé d’un exposé de la biodynamie, invention de Rudolf Steiner fondée sur une philosophie animiste, religieuse, mystique et obscurantiste, qui propose tout à la fois une conception du monde, un projet de société, et qui, curieusement, prohibe la consommation du vin. Cette agronomie non-conventionnelle mobilise les rythmes cosmiques, les constellations du Zodiaque, l’influence de la Lune, la bouse et la silice de corne de vache, l’eau agitée en tourbillons. La plupart des scientifiques y voient un ensemble de fadaises, un article de foi à l’usage des esprits crédules. Mais le fait est que les vins biodynamiques bien élaborés, sont souvent au meilleur niveau. Bienfaits des thèses steineriennes, ou plutôt, efficacité de la culture biologique, dont la biodynamie est la pointe extrême, avec la baisse des rendements qu’elle suppose ? Editions plusbellelavignebio.  20 €.

« Vins natures, de l’utopie à la réalité » :  le vinaigre, produit naturel de la vigne.

Ce petit livre réagit à la mode des vins dits, « natures » ou « naturels », seuls authentiques, selon leurs producteurs. Nicolas Guichard, œnologue, rappelle quelques évidences. Que le seul produit naturel de la vigne, c’est le vinaigre. Que le vin naturel, qui n’existe que par la volonté des hommes, est un oxymore. Que la production de vin sans chimie,  sans la protection minimale du soufre, notamment, passe par un certain nombre de techniques dont le non-respect conduit à la catastrophe. Par exemple, à des vins ravagés par des levures Brettanomyces bruxellencis, aux odeurs de sueur, d’écurie, parfois présentées comme un goût de terroir, voire comme une marque d’authenticité. Nicolas Guichard établit une typologie des vignerons « naturalistes », auxquels il dispense des conseils techniques adaptés pour réussir leurs vins, c’est-à-dire, d’abord pour ne pas les rater.  Il note que « le vin nature « raté » continue (…) à s’appeler vin, quant il ne lui en reste pratiquement plus aucune qualité (…) (p. 8). Qu’ « on voit circuler des vins se disant authentiques, mais qui sont en réalité des échecs techniques, pour ne pas dire de véritables escroqueries » (p.67). Un ouvrage décapant qui remet les choses en place. Editions Féret. 9, 90 €.

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